• Le Processus Alchimique

    Atelier Esprit et Matière sur le thème du Processus Alchimique à l'oeuvre dans la Psyché

     

    Oeuvre de Stéphane DAUTHUILLE, reproduite avec l'autorisation de l'artiste

    www.stephane-dauthuille.odexpo.com

     

  • Le Processus Alchimique ou le Moi en quête du Soi

    « Le miracle de l’alchimie correspond à la nature la plus fondamentale de l’homme, 

    celle de coïncider d’une façon vivante et absolue avec tout ce qui est »

    Khalil GIBRAN

    De quoi est-il question ?

    Cet atelier aborde les apports de la tradition alchimique à la psychologie moderne et interroge sur le parallélisme existant entre l’inconnu de la Matière et l’inconnu de la Psyché. Le processus alchimique est à la matière ce que le processus d’individuation est à la psyché. Les grands principes de l’alchimie médiévale y sont abordés, ce qui permet de comprendre pourquoi Jung a trouvé dans cette approche les fondements théoriques de son expérience personnelle et de la psychologie des profondeurs.

    Le Processus Alchimique est l’ancêtre de la psychologie moderne

    En effet, très loin de la réputation sulfureuse qui lui a été faite, l’alchimie se révèle une quête pertinente de la connaissance du Soi à travers soi. Jung découvre l’alchimie en 1928 alors qu’il est sollicité par son ami et sinologue Richard Wilhelm pour préfacer un traité alchimique taoïste intitulé le Mystère de la Fleur d’Or. Ce traité décrit le processus d’éclosion d’un germe immortel et la naissance d’un nouvel être qui s’en suit. Jung va pouvoir établir une analogie entre les dessins alchimiques et les rêves. Il y a une concordance entre les images de l’alchimie et celles de l’inconscient de l’homme. Ce qui confirmait à ses yeux l’existence de l’inconscient collectif.

    « Le secret de cette philosophie alchimique, c’est la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et à la synthèse de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l’alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l’être, de son conscient et de son inconscient », Carl Gustave Jung.

    Jung en conclura que la quête alchimique de la transformation est à l’œuvre dans l’Inconscient, il attribuera cette quête à ce qu’il va nommer la fonction transcendante. À la même époque, Jung se plonge dans d’anciens manuscrits alchimiques. Il est très vite frappé par l’analogie entre leur quête de transformation de la matière et cette notion de transformation qu’il constate à l’œuvre dans l’inconscient. Il écrira qu’il existait « une philosophie alchimique, précurseur titubant de la psychologie la plus moderne. Le secret de cette philosophie alchimique, et sa clé ignorée pendant des siècles, c’est précisément le fait, l’existence de la fonction transcendante, de la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et à la synthèse de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l’alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l’être, de son conscient et de son inconscient. »

     

    L'idée-force est que le processus d'évolution psychologique est identique au Processus Alchimique

    Ce que la psychologie des profondeurs de Jung apporte de plus c’est le passage du sommeil psychique à l’éveil c’est la raison pour laquelle Jung est un thérapeute de l’âme. La psychologie jungienne vise la guérison des âmes par l’approche du sacré. Son objectif n’étant pas seulement de guérir d’une pathologie, mais surtout d’atteindre à la plénitude de soi. Les profondeurs inconscientes de chaque être recèlent une graine (un atome-germe) contenant tout le développement futur de la personne, cette graine est une semence divine et la finalité de la thérapie est de permettre à cette graine de croître et de se développer jusqu’à sa pleine maturité en réalisant tout le potentiel qu’elle contient.

    L’homme éprouve un sentiment d’incomplétude. il a la nostalgie d’une totalité à laquelle il aspire, et la psyché a une aspiration naturelle et spontanée à la plénitude. L’ultime désir de l’être est d’être comblé, et l’archétype du processus d’individuation s’efforce d’harmoniser les contenus conscients et inconscients de cette dernière.

    Le Moi à la quête du Soi (conjonction des opposés) devient un alchimiste : pour qu’advienne le fils des philosophes pour que se révèle la pierre (l’Inconscient, la materia prima) et que s’accomplisse l’opus (l’œuvre), le conscient et l’inconscient vont coopérer se rencontrer et se réconcilier.Pour Jung la paire d'opposés primordiale est Conscient/Inconscient, dont les symboles alchimiques sont Sol et Luna, aspect diurne et nocturne de la conscience, Masculin et Féminin.Tout l'opus alchimique est un processus d'individuation: plonger dans l'obscurité de la matière pour libérer la lumière qui s'y trouve. Comme dans le psychologie de Jung, l'union des contraires jouent un rôle primordial dans le processus alchimique.L'union, la conjonction des opposés est à la fois la force motrice et le finalité du processus.

    Les grands principes alchimiques ?

    La quête alchimique c’est l’or spirituel, la transmutation de la psyché humaine vers la notion de vérité et de beauté. L’alchimiste cherche à parachever le travail de la Nature, en respectant et en admirant le travail du Créateur. Le but de l’Alchimie est métaphysique. C’est l’ars magna. Il a pour objet la transmutation de l’alchimiste lui-même : passer de l’humain à l’Homme, de l’âme psychique à l’âme spirituelle, du fils de la femme (biologique) au fils de l’Homme (divin). Il s’agit de passer de l’homme du 6° jour de la Création fait à l’image de Dieu, à l’Homme crée à sa ressemblance.

    L’alchimiste se présente comme un philosophe. Il prétend connaître non seulement les métaux, mais aussi les principes de la matière, le lien entre la matière et l’esprit, les lois de la transformation... La tradition alchimique s’appuie sur une conception tripartite de l’homme : Esprit, Âme, Corps ou respectivement Souffre, Mercure, Sel et son ontologie repose sur la notion d’énergie, une énergie contradictoire, dynamique, une, unique, en métamorphose. Il a pour morale, Ora et Labora, « Prie et travaille », qui est un éloge du travail et de la prière.

    L’analogie est la méthode de travail que privilégie l’alchimiste. La table d’Émeraude, attribuée à Hermès Trismégiste, le trois fois grand, énonce les axiomes primordiaux de l’alchimie qui se résument ainsi : toutes les oppositions s’ordonnent en fonction de l’opposition fondamentale mâle-femelle. le Grand Œuvre c’est l’union de l’élément mâle le Soufre et de l’élément Femelle le Mercure dont l’équilibre produit le Sel. « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut : et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose »

    La finalité de l’Alchimie est la réversion ou le retour. Le grand Œuvre a pour finalité de redonner à l’homme sa dignité primordiale, car le constat est que la matière a été corrompue et la nature dégradée. Faire nature correspond à la la spiritualisation de la matière, et la libération de l’esprit prisonnier de la matière. Ainsi s’explique la Transmutation des métaux en or ; la guérison de toutes les maladies, la Panacée. ; l’éternelle jeunesse, l’élixir de Jouvence et in fine, trouver la Pierre philosophale, la Gnose : découvrir l’Absolu, posséder la connaissance. Cet Art royal doit permettre la réintégration de l’Homme dans sa dignité primordiale. Elle est l’accomplissement de l’Œuvre. Plus tard Jung elle représente le Soi.

    Le Processus Alchimique transposé à la vie psychique

    Cette transposition est plus aisée si nous nous référons aux quatre couleurs alchimiques. C’est une autre façon d’aborder l’opus et le processus de transformation psychique en quatre étapes, symbolisées par la succession du noir, du blanc, du jaune et du rouge don l’aboutissement est L’Unio Mystica, l’étape ultime du processus.

    L’œuvre au noir ou la nigredo consiste à travailler la materia prima. Ce stade correspond à l’obscurité de l’enfer et ce passage est le grand arcane indispensable pour obtenir la pierre. L’œuvre au noir correspond au plan psychique au travail d’épousailles de son ombre telle que nous le restitue plusieurs mythes et récits historiques : le mythe de Job, de Jonas, d’Hercule, la descente aux enfers du Christ, les enfers du « bardo –Thodöl », les enfers du Schizophrène.

    L’œuvre au blanc ou Albedo. C’est la couleur de la Lune elle correspond à la phase de lessivage, la cuisson de la materia prima. Dans la psyché ce qui était compact et indifférencié commence à se distinguer, à prendre des formes distinctes libérant des énergies spécifiques comme peuvent en témoigner le paradis de Dante, le mythe de Prométhée, la Toison d’or. L’inconscient personnel est exploré, l’individu est rectifié, ses centres d’intérêts se déplacent et son rapport à l’autre devient plus fluide, plus tolérant.

    L’œuvre au jaune ou Citrinitas. C’est la couleur de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté. Au plan psychique dans l’approche jungienne, elle correspond à l’émergence de l’archétype sexuel Anima, Animus. Lorsque les éléments de l’ombre sont intégrés, les images de l’Anima et de l’Animus sont plus intenses. L’apparition de l’archétype sexuel informe du passage du personnel à l’universel, du biologique au spirituel.

    L’œuvre au rouge ou Rubedo. C’est la couleur du Soleil, l’archétype de la plénitude. Cette phase correspond à la manifestation du Verbe qui s’est fait chair, du christianisme, à l’émergence du Soi dans l’hindouisme. Sur le plan intérieur et psychologique, l’Œuvre au Rouge consiste à célébrer les noces alchimiques, en réanimant le Feu primordial en nous, en ressuscitant le phénix qui sommeille en nous. Comme le disait Carl Gustav Jung, le but ultime de l’alchimie n’est pas d’atteindre la perfection, mais la plénitude et la complétude. L’Œuvre au Rouge est ce qui surgit une fois que tous les morceaux de notre être ont été rassemblés. Ce n’est que lorsque l’individu est vraiment UN qu’il peut vivre l’expérience de la Réalisation : à ce moment, il est, comme le disait Nietzsche, par delà le Bien et le Mal et il devient un Surhomme…

    A l’issue de ce processus, advient, l’Unus Mondus, le Tao, le Samadhi, le Satori qui selon les différentes traditions décrivent l’état où la psyché individuelle rencontre l’éternité. L’ultime accomplissement de l’opus alchimique est l’Unus Mondus : le monde un. Le symbolisme du mandala est l’équivalent psychologique de l’Unus Mondus tandis que son équivalent parapsychologique est le concept jungien de synchronicité.

    La méthodologie de Jung

    La méthode de Jung consiste à établir un dialogue, une relation consciente avec l’inconscient. Dont la finalité est l’émergence d’un nouvel être unifié, émancipé du chaos de l’inconscient personnel et collectif. Il utilise pour ce faire, l’activité onirique, l’imagination active, les projections, et le transfert dans le cadre thérapeutique. La finalité de ce travail est la complétude. Pour Jung le Grand Œuvre est le processus d’individuation. À mesure que se crée la personnalité élargie, la conscience s’épanouit et se transforme et un nouveau centre de la personnalité émerge-le Soi — tandis que diminuent les tendances de l’ego. Le nouveau centre attire à lui à la manière d’un aimant tout ce qui appartient en propre à sa personne, tout ce qui fait son unicité et sa singularité. À ce stade le Moi qui s’était construit en réponse aux exigences et diktats de l’environnement va laisser se manifester les aspirations et exigences du monde intérieur l’âme peut enfin s’exprimer. Sa condition initiale inconsciente s’est transformée en conscience supérieure et le cercle de la personnalité dont le mandala est le symbole est accompli.

    Pour se faire, Il observe les archétypes à l’œuvre et fait en sorte de leur donner vie. Les archétypes prennent vie dès qu’ils sont chargés de sens pour un individu. Ils contiennent des perceptions, des dynamiques des potentialités qui lorsqu’elles sont activées donnent une grande force à l’existence : exemple de vision, de création de découvertes qui peuvent conduire à la folie si elles ne sont pas intégrées à la conscience.

    L’archétype de l’individuation reflète l’effort de la psyché pour harmoniser ses contenus conscients et inconscients. Il représente l’élan naturel de la psyché vers l’accomplissement, l’unité et la quête de sens. C’est un processus de développement continu et d’intégration de la personnalité. Dans l’analyse psychologique, cette unité ne peut être atteinte par le conscient seul, pas plus par l’inconscient seul. Un troisième élément est nécessaire c’est la fonction transcendante à l’identique du Mercure en alchimie : il est androgyne liquide et solide ; spirituel et physique. La confrontation entre conscience et inconscient est difficile et pénible, car il s’agit d’une lutte entre deux forces contraires où chacune défend ses droits : l’ordre et la rationalité s’opposent au chaos et à l’irrationnel et pourtant une collaboration ente les deux est indispensable. De cette tension chargée d’énergie naît une troisième chose qui conduit à un autre niveau d’être.

    Un extrait de "Ma vie" de Carl Gustave Jung

    « Quand on dit de moi que je suis sage, que j’ai accès au “Savoir”, je ne puis l’accepter. Un jour, un homme a empli son chapeau d’eau puisée dans un fleuve. Qu’est-ce que cela signifie ? Je ne suis pas ce fleuve. Je suis sur la rive, mais je ne fais rien. Les autres hommes sont au bord du même fleuve, mais la plupart du temps ils imaginent qu’ils devraient faire les choses par eux-mêmes. Je ne fais rien. Je me tiens là, debout, admirant ce dont la nature est capable.

    Il est une belle légende d’un rabbin à qui un élève rend visite et demande : “Rabbi, dans le temps, il existait des hommes qui avaient vu Dieu face à face : ‘pourquoi n’y en a-t-il plus aujourd’hui ?” Le rabbin répondit : “Parce que personne, aujourd’hui, ne peut plus s’incliner assez profondément.” Il faut en effet se courber assez bas pour puiser dans le fleuve. »

    Que nous enseignent, Les mythes, contes et légendes à ce sujet ?

    Le mythe de Prométhée, la toison d'or sont des témoignages de ce processus de transformation à l'oeuvre dans la psyché. Mais il est un conte de Grimm qui a bercé notre enfance et qui fait état très clairement du processus alchimique, celui de Blanche-Neige. Il était une fois une reine qui fit un voeu "Oh! Si je pouvais avoir un enfant aussi blanc que la neige, aussi vermeil que le sang et aussi noir de cheveux que l'ébène de cette fenêtre !". Elle fut exhaussée, et naquit une petite fille qui sera confrontée dans son processus d'évolution aux différentes étapes alchimiques du noir, du blanc et du rouge, tel que ses caractéristiques le laissaient présager.

  • Présentation de l'atelier

    Le Processus Alchimique ou le Moi en quête du Soi

  • Informations pratiques

    Pour tous renseignements vous pouvez contacter Dominique BAUMGARTNER au 06 08 26 08 92

    ou par mail : dominique.baumgartner@cree-coaching.com

    Lieu:

    26 avenue du Belvédère- 93310- LE PRÉ SAINT- GERVAIS

    Métro: ligne 11 , stations Porte des Lilas ou Mairie des Lilas

    ou

    Région d'Annecy ( Viuz la Chiésaz). Pour vous inscrire à cet atelier, contacter Evelyne Duval uniquement.

    06 10 23 41 34 et evelyneduval@free.fr.

    Horaires:

    de 14 h à 19 h

    Dates :

    20 octobre 2016, le Moi en quête du Soi

    Tarifs:

    individuel 80 € , entreprise 175 €TTC

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